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Redécouvrons le passé:
1569 /Jean d'Avila, « l'Apôtre de l'Andalousie »

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BULKO

1569

Jean d'Avila, « l'Apôtre de l'Andalousie »

Jean d'Avila, « l'Apôtre de l'Andalousie »
Saint Jean (Juan) d'Avila (1499-1569) est un théologien espagnol, docteur de l’Église et grand prédicateur de l’Espagne du XVIe siècle dans laquelle il favorisa le développement des jésuites. Il fut le notamment le père spirituel et ami de saint Ignace de Loyola ainsi que de sainte Thérèse d’Avila.
P. François Marxer Professeur d'histoire et de spiritualité au Centre Sèvres
P. François MarxerProfesseur d'histoire et de spiritualité au Centre Sèvres
Un converti d’exception. Le destin et le génie de Jean d'Avila fut celui de nombre de ces « conversos » (convertis), ces ressortissants de familles juives qui passèrent, plus ou moins forcées, à la confession chrétienne dans l'Espagne du XVIe siècle et durent se soumettre aux enquêtes de la « limpieza del sangre » (« la pureté de sang ») qui déterminait si l'individu s'enracinait génétiquement dans une famille chrétienne de vieille souche. Les conversos devaient donc répondre de la rectitude de leur orthodoxie, soupçonnés qu'ils étaient de mener double jeu : la famille de Thérèse d'Avila connaîtra ces humiliations, comme bien des membres de la toute jeune Compagnie de Jésus, fondée par Ignace de Loyola.  

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Un prédicateur de talent.
Juan d'Avila naquit d'une famille aisée à Almodovar del Campo (au sud de Madrid) le 6 janvier 1499, à l’époque des voyages de Christophe Colomb en Amérique. Il ne doit pas être confondu avec saint Jean de la Croix (1542-1591), un autre Espagnol proche de Thérèse d’Avila. En 1513, il entreprend des études de droit à Salamanque (Espagne), puis de théologie à Alcalá (où il a pour maître Domingo de Soto) de 1520 à 1526. Ordonné prêtre, il souhaiterait partir évangéliser le Nouveau Monde, mais son statut de conversos (supposé, car sa mère était « cristiana vieja », « ancienne chrétienne », c’est-à-dire issue d’une famille déjà catholique) le lui interdit ; si bien que l'archevêque de Séville lui propose d'évangéliser l'Andalousie, où il déploiera ses talents de prédicateur. Ses succès suscitent les jalousies : accusation d'hérésie, incarcération dans les geôles de l'Inquisistion de 1531 à 1533 avant d'être relaxé. Mais cette captivité aura des conséquences aussi (et heureusement) déterminantes que le cachot de Tolède pour Jean de la Croix : son expérience spirituelle y trouve une intensité que reflétera le commentaire qu'il rédige alors du psaume 44, Audi, Filia (« Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille : oublie ton peuple et la maison de ton père et le Roi sera épris de ta beauté »). Il reprend ses campagnes de prédication, entouré d'une communauté de prêtres vivant pauvrement et acquis à ses convictions apostoliques de l'importance pour chacun d'une expérience spirituelle active, témoignant d'une foi authentique, « car enfin la sainteté ne consiste en rien d'autre qu'en l'humble amour de Dieu et du prochain » (lettre 158 à Thérèse d'Avila). Autre volet de son apostolat mystique, Jean d'Avila fonde quinze collèges (dont trois universités) destinés à la jeunesse, anticipant ainsi la stratégie des jésuites. La maladie l'obligera à se retirer à Montilla, près de Cordoue en Andalousie, où il meurt le 10 mai 1569. Il est canonisé le 31 mai 1970 par le pape Paul VI et proclamé docteur de l'Église le 7 octobre 2012 par Benoît XVI.
 

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Un fin théologien.
Jean d’Avila convertira et suscitera « un esprit de tendre compassion » dans le futur Jean de Dieu, initiateur des soins hospitaliers et psychiatriques, et apportera réconfort au duc de Gandie, alias François de Borgia, éminente figure de la sainteté jésuite. Mais il n'en gardait pas moins une visée spirituelle, particulièrement évidente dans les sermons sur le Saint-Esprit. Il a également écrit des passages très spirituels sur la Vierge Marie et saint Joseph. En effet, et contrairement à l'opinion de théologiens d'alors qui, négligeant la substance spirituelle de la théologie, voulaient ménager une position conciliante, compatible avec la rénovation chrétienne que proposait l'humanisme d'Érasme, mais aussi acceptable par les penseurs luthériens ; Jean d'Avila rappelait que le Salut ne peut se réaliser à la seule mesure de l'effort humain et se contenter d'une ambition éthique – que viendrait surcharger un supplément (décoratif ?) de grâce divine. Tous les débats sur liberté et grâce qui vont agiter la pensée chrétienne au siècle suivant sont en quelque sorte déjà en germe. Pour lui, le message transmis par Jean III, 16 (« Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne se perdre pas, mais obtienne la vie éternelle »), « la plus douce parole de tout l’Évangile », est la base d’une renaissance spirituelle. Rejetant donc toute sympathie pélagienne (l’hérésie du moine Pélage au IVe siècle voyait l'homme en mesure de conquérir son Salut à la force du poignet), Avila souligne que l'amour actif est donné comme une grâce bien plus que produit par la bonne volonté humaine. C'est donc la qualité de l'intériorisation de la pratique chrétienne qui sera en jeu : « L'amour qui t'inspire doit être un amour infus. Car Dieu accorde ses dons pour que tu agisses mieux dans la foi et dans la charité. L'Esprit-Saint ne se contente pas de te voir beau extérieurement, il veut que tu le sois aussi intérieurement, non seulement dans ton œuvre, mais dans l'amour qui te fait opérer. » La liberté ne se trouve pas édulcorée, bafouée, mais encouragée, stimulée par le don que nous avons reçu.
 

La spiritualisation des âmes.
C'est dans cet esprit que Jean d’Avila va affiner sa doctrine de l'oraison, doctrine qui influencera le Traité de l'oraison et de la méditation de Louis de Grenade (qui devient son disciple en 1535), mais qui sera suspectée de relents d'illuminisme par le farouchement anti-mystique Melchior Cano. Clairement, « c'est une chose d'agir comme un homme bon, même favorisé de Dieu ; c'en est une autre que le Saint-Esprit soit l'auteur et le promoteur, et que l'homme ne soit bientôt plus rien que l'instrument ». L'union qui s'établit entre le Saint-Esprit et l'âme qu'il vient habiter est à ce point intime et efficiente que l'on serait tenté de parler d'incarnation. Mais gardons ce terme pour désigner l'union en Jésus du Verbe avec notre nature humaine, et parlons, par souci de clarté et d'exactitude, de spiritualisation selon le Saint-Esprit qui opère dans les âmes ce que le Christ a opéré sur les corps. Ce qui induit un « sevrage » de la volonté (et de l'opinion) propre ; autrement dit, consentir à perdre, à sacrifier ce qui serait plaisir ou contentement voire même consolation. Voilà une ascèse exigeante, à contre-courant du naturel, et qui ne peut s'accomplir qu'avec l'aide du Saint-Esprit : « Donnez-moi le courage, donnez-moi votre grâce. Faites briller la Lumière en nos esprits, versez l'amour en nos cœurs ; soutenez la faiblesse de notre corps par votre constante vigueur » (Sermon 30 sur le Saint-Esprit). Le chrétien cohérent demandera l'Esprit pour donner corps à la Parole de Dieu, et garder ainsi les vertus théologales, pas seulement en homme raisonnable (et érasmien !), mais selon l'inspiration propre des fils adoptifs, coopérant ainsi au dessein salvifique de Dieu pour le monde.
 

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Jésus, fils unique de Dieu, notre sauveur.
Nous saurons gré à Jean d'Avila d'avoir réglé leur compte à ces distinctions qui, certes utiles au travail de réflexion théologique (comme liberté/grâce, activité/passivité, essence/existence, etc...), ont fini par se cristalliser en antagonisme stérilisant l'intelligence comme la pratique chrétienne ; mais plus encore d'avoir revivifié celles-ci, en rappelant que « la véritable foi chrétienne ne s'appuie pas sur des dires : Je suis né de parents chrétiens ; je vois d'autres hommes qui sont chrétiens et pour cela je suis chrétien ; ou bien encore, j'entends dire à d'autres que la foi est véritable et je crois également pour cette raison ; c'est alors en un homme surtout que l'on croit, car on ne regarde pas Dieu ». La foi viv(ant)e qui agit par cet amour infusé par le Saint-Esprit, est « une attirance divine qu'exerce sur nous le Père éternel en nous faisant croire très fermement et avec une certitude absolue, que Jésus-Christ est son Fils Unique, ainsi que toutes les autres vérités le concernant, comme elles sont crues par son épouse l'Église. En elle se trouve la véritable connaissance et le véritable culte de Dieu ; hors d'elle, il n'y a qu'erreur, mort et damnation. L'homme qui possède une telle croyance est celui-là même qui a entendu les paroles du Père et en a fait son enseignement ; qui, selon les Prophètes, est instruit par Dieu » (Audi Filia, Aubier, 1954, p. 178-179).
 

Un ami et un Père précieux.
Jean d'Avila, sans doute moins célèbre, aura préparé Jean de la Croix et même l'aura anticipé en sa Montée du Carmel (sans parler de cette oscuridad tenebrosa, si proche de la nuit sanjuaniste). Ignace de Loyola le tenait en haute estime, le considérant, en 1548, comme son unique Père spirituel. Et, à la veille de se lancer dans l'oeuvre des fondations de sa réforme, Thérèse sa compatriote avait l'intention de soumettre son autobiographie au « Père Maître Avila » : « Je désire qu'on prenne des mesures pour qu'il la voie, écrit-elle au P. García de Toledo, car c'est dans cette intention que j'ai commencé à l'écrire. S'il estime que je suis sur le bon chemin, ce sera pour moi une très grande consolation. » Et lorsqu'elle apprendra sa mort peu après, « je pleure, avouera-t-elle, parce que l'Église perd une grande colonne ».
Compléments
Sources documentaires

3 propositions pour construire l'avenir

Les 3 propositions que le Père François Marxer a faites le samedi 17 février 2018.

Engagement

Je lance un dialogue avec
des personnes de confession juive.

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Formation

L'Inquisition, perversion de la mission de l'Église ?
Découvrez la réponse de Jean-Pierre Dedieu.

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Prière

Je prie en méditant un extrait
d'une lettre de Jean d'Avila.

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